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Pourquoi l'encyclique de Léon XIV est contradictoire sur la guerre juste

L’encyclique *Magnifica Humanitas* présente des incohérences internes dans son traitement de la théorie de la guerre juste. C’est ce qu’écrit Manfred Spieker, professeur émérite de sciences sociales chrétiennes, sur Herder.de le 16 juin. S’il salue globalement les réflexions de Léon XIV sur l’intelligence artificielle, il conteste toutefois l’appel lancé par l’encyclique à « dépasser » la doctrine traditionnelle de la guerre juste.

S’inspirant de Fratelli Tutti, Magnifica Humanitas avance deux raisons pour aller au-delà de la théorie de la guerre juste : premièrement, le fait que presque toutes les guerres de ces dernières décennies ont été présentées comme justifiées, et deuxièmement, le fait que les armes modernes font de la guerre une solution inacceptable.

M. Spieker ne trouve aucun de ces arguments convaincants. Concernant le premier, il écrit : « Si tous ceux qui mènent une guerre invoquent cette doctrine, il reste nécessaire d’examiner qui est fondé à le faire et qui ne l’est pas. »

Il ajoute : « Ceux qui invoquent à tort cette doctrine s’exposeront à la critique ou au rejet. Mais cela ne rend pas pour autant la doctrine de la guerre juste obsolète. »

Les armes modernes n’invalident pas non plus cette doctrine : « Si une arme particulière ou son utilisation ne peut être justifiée, alors cette utilisation doit être rejetée. Mais cela ne rend pas la doctrine de la guerre juste invalide ; au contraire, cela la confirme. »

La « légitime défense » relève de la théorie de la guerre juste

M. Spieker se montre particulièrement critique à l’égard de l’affirmation de l’encyclique selon laquelle la théorie de la guerre juste devrait être dépassée « sans préjudice du droit à la légitime défense ».

Il note : « L’encyclique évite toute réflexion plus approfondie sur ce que signifie réellement la “légitime défense au sens le plus strict” ».

Pour Spieker, cela crée une contradiction. Dès lors que l’on tente de définir la légitime défense, on en revient inévitablement aux critères traditionnellement fournis par la théorie de la guerre juste.

Et si la diplomatie échouait ?

L’encyclique présente le dialogue, la diplomatie et le pardon comme des moyens « bien plus efficaces » pour promouvoir la vie humaine que le recours à la force. Spieker ne conteste pas leur valeur. Sa critique porte sur le fait que le document laisse une question cruciale sans réponse :

« Une fois encore, l’encyclique élude la question de savoir ce qu’il convient de faire lorsque tous ces moyens échouent. »

Il ajoute que cela aussi peut avoir « des conséquences dévastatrices pour la population civile ».

Le retour de la guerre juste par la petite porte

Selon Spieker, cette incohérence apparaît le plus clairement dans la section consacrée à l’intelligence artificielle et à la guerre. À cet égard, Magnifica Humanitas affirme elle-même que « la force armée ne devrait être utilisée qu’en dernier recours, en cas de légitime défense » et insiste sur le fait qu’« il faut définir des critères précis pour le jugement moral ».

Parmi ces critères figurent des chaînes de responsabilité identifiables et la distinction entre combattants et non-combattants.

Pour Spieker, ce sont précisément les types de critères associés à la doctrine traditionnelle de la guerre juste. Selon lui, l’encyclique revient en fin de compte au cadre même qu’elle cherche à dépasser.

Image: Manfred Spieker © J.-H. Janßen, wikipedia, CC BY-SA, Traduction de l'IA
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Etienne bis

Sur cette question, Narcisse Imbroglio et son continuateur (désigné et mal désigné) répètent les mêmes considérations.
Elles sont faciles, émises par deux "papes gnangnans" consécutifs.